Grève des taxis du 19 mai 2025 : une mobilisation nationale contre la réforme du transport sanitaire

Pourquoi les taxis se mobilisent-ils ce 19 mai 2025 ?

👉 La mobilisation se poursuit : découvrez le point complet sur la grève des taxis reconduite le 20 mai 2025.

Ce lundi 19 mai 2025 marque une journée noire sur les routes françaises. À l’appel d’une intersyndicale unifiée, les chauffeurs de taxi organisent une grève nationale d’ampleur inédite. Opérations escargot, barrages filtrants, blocages de gares et d’aéroports… les perturbations sont nombreuses à Paris, Marseille, Toulouse, Lyon, Pau ou encore à La Réunion.

L’origine de ce mouvement : une réforme controversée du transport sanitaire, imposée par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), qui modifie profondément la tarification appliquée aux trajets pris en charge pour raisons médicales.

🧾 Les revendications portées par les fédérations de taxis

 

Le mouvement est soutenu par l’ensemble des grandes fédérations professionnelles du secteur : FNDT, UNT, FNAT, FNTI, UNIT, regroupées dans une convention d’engagement intersyndicale signée le 8 mai 2025. Voici les quatre piliers de leurs revendications :

1. ❌ Le gel immédiat de la réforme de la CNAM

Les taxis exigent un moratoire sur la convention tarifaire nationale en discussion. Ils dénoncent une absence de concertation réelle et une mesure qui mettrait à mal l’équilibre économique de milliers d’exploitants, notamment dans les zones rurales.

« Cette réforme ne prend pas en compte les spécificités territoriales. Une tarification uniforme est inacceptable. »

2. 🧾 Le maintien de la tarification au taximètre

Historiquement, les trajets en taxi sont rémunérés selon le taximètre, fixé par arrêté préfectoral dans chaque département. La CNAM souhaite introduire un forfait national de 13 € par transport sanitaire, une mesure jugée déconnectée de la réalité des coûts supportés par les chauffeurs (carburant, temps d’attente, trajets à vide…).

3. 🧑‍⚖️ La nomination d’un médiateur indépendant

Les fédérations demandent la mise en place d’une médiation transparente pour rétablir le dialogue entre l’État, la CNAM et les représentants du secteur. Cette figure neutre serait chargée de garantir l’équité des échanges et la prise en compte des contraintes du terrain.

4. 🚔 Une régulation plus stricte des plateformes VTC

En toile de fond de cette mobilisation : la colère grandissante face à la concurrence jugée déloyale des VTC, accusés de contourner certaines règles (zones de stationnement, prix imposés, absence de formation, etc.).

Les taxis demandent que les plateformes comme Uber ou Bolt soient soumises aux mêmes obligations que les T3P (Transports Publics Particuliers de Personnes), pour préserver l’équité entre professionnels.

📍 Une mobilisation visible sur tout le territoire

Paris : périphérique et aéroports sous tension

Depuis les premières heures du matin, des cortèges de taxis organisent des opérations escargot sur le périphérique parisien, la N118 et l’A1. L’accès à Roissy-CDG et Orly est fortement perturbé, tout comme les abords de grands hôpitaux parisiens.

Marseille, Toulon et Aix : accès restreints

Dans le sud, les conducteurs bloquent l’A7, l’A50, et organisent des points de filtrage autour des gares TGV et de l’aéroport Marseille-Provence. Des ralentissements massifs sont signalés sur les autoroutes.

Lyon, Toulouse, Pau : mobilisations coordonnées

À Lyon, les cortèges se concentrent sur l’A46 et l’accès à la Part-Dieu. À Toulouse, les taxis bloquent la rocade. À Pau, fief du Premier ministre, les manifestants veulent frapper un grand coup symbolique.

La Réunion : la colère dépasse la métropole

La mobilisation touche aussi les DOM : à La Réunion, plusieurs rassemblements ont lieu à Saint-Pierre, Saint-Benoît et Saint-Denis. Les taxis y dénoncent une réforme « métropolitaine » inadaptée à l’insularité.

📊 Une réforme aux conséquences lourdes selon les professionnels

D’après les estimations de la FNAT et de l’UNT :

  • Le transport sanitaire représente entre 30 et 60 % du chiffre d’affaires d’un taxi en zone rurale.

  • Le nouveau forfait CNAM entraînerait une baisse de revenus de 35 % en moyenne.

  • Des centaines d’exploitations pourraient fermer dès la fin 2025 si la réforme était appliquée sans adaptation.

Au-delà de l’impact économique, c’est l’accès aux soins qui est en jeu : moins de taxis = moins de mobilité pour les patients fragiles.

🛠️ Que contient la fameuse convention CNAM décriée ?

La réforme entend remplacer le système actuel par une tarification forfaitaire nationale, dans un souci de simplification et d’uniformisation. Ce forfait fixe, déjà testé dans certains départements pilotes, inclut :

  • Un montant fixe de 13 € par course.

  • Une majoration selon la distance, plafonnée.

  • Des plafonds d’intervention pour les trajets récurrents.

Mais selon les professionnels, ce système ne tient pas compte des temps d’attente non facturés, des trajets à vide, ni des réalités locales comme les zones montagneuses ou les déserts médicaux.

🔗 Une réponse politique encore floue

Le ministère de la Santé évoque une volonté de « réduire les dérives et simplifier les remboursements », tandis que la CNAM affirme être « ouverte à des ajustements ».

Mais les syndicats dénoncent un manque total de concertation.

« On nous impose un modèle sans connaître notre réalité. C’est une déclaration de guerre sociale. » — Bernard Crébassa, FNAT

🧠 Ce que dit la Convention intersyndicale du 8 mai 2025

Le document officiel, signé par toutes les grandes fédérations de taxis, établit une ligne commune claire :

  • La mobilisation démarre officiellement le 19 mai 2025, avec possibilité de reconduction.

  • Aucune division ne sera tolérée entre syndicats.

  • Les actions seront coordonnées dans tout le pays.

  • Une pression maximale sera maintenue jusqu’à ouverture d’un nouveau cycle de négociations.

🔚 Conclusion : un conflit à fort potentiel de durcissement

La grève des taxis du 19 mai 2025 est bien plus qu’un simple coup de colère. C’est une réaction structurée face à un bouleversement du modèle économique du transport sanitaire. Les professionnels exigent des garanties, un moratoire et une prise en compte réelle de leur réalité terrain.

Sans réponse rapide du gouvernement, les actions pourraient se durcir dans les jours à venir. La question dépasse désormais la tarification : elle touche au statut du taxi dans l’écosystème de la mobilité française.

📣 Appel à l’action

👉 Vous êtes patient, soignant ou professionnel de santé ? Partagez cet article pour mieux comprendre les enjeux.

👉 Vous êtes chauffeur de taxi ? Rejoignez les groupes de coordination régionale pour ne pas rester seul.

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